Résumé de l’étude

La photobiomodulation et effet sur le candida albicans (étude in vitro et in vivo)

Cette étude examine l’efficacité de la lumière bleue antimicrobienne (LBA) pour le traitement des infections à Candida albicans in vitro et dans un modèle murin de brûlure.

Les résultats montrent que C. albicans est 42 fois plus sensible à la LBA que les cellules humaines, sans développement significatif de résistance après des expositions répétées. Une seule exposition à la LBA a réduit la charge fongique dans les brûlures infectées de souris de 1,75 log10.

Ces résultats suggèrent que la LBA pourrait constituer un traitement prometteur des infections à C. albicans.

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En collaboration avec l’Université de Harvard (Etats-Unis)

Inactivation antimicrobienne de Candida albicans par la lumière bleue : études in vitro et in vivo

Contexte et Enjeu Clinique

Candida albicans est une levure qui colonise naturellement les muqueuses humaines (bouche, système gastro-intestinal, sytème génital). Chez les individus immunocompétents, cette colonisation est généralement asymptomatique. Cependant, lorsque les défenses immunitaires sont compromises ou que l’équilibre de la flore microbienne est perturbé, C. albicans peut devenir pathogène et causer des infections allant de superficielles (candidose orale, vulvo-vaginite) à systémiques potentiellement mortelles (candidémie, candidose invasive).

Les infections à Candida représentent environ 8-15% des infections nosocomiales et constituent la quatrième cause la plus fréquente d’infection sanguine aux États-Unis, avec une mortalité pouvant atteindre 40% dans les cas de candidémie. Le traitement repose principalement sur les antifongiques azolés, les échinocandines, et l’amphotéricine B pour les infections sévères.

L’émergence de résistances antifongiques, particulièrement aux azolés, pose un problème clinique croissant. De plus, les antifongiques systémiques sont associés à des effets secondaires significatifs (hépatotoxicité, néphrotoxicité) et des interactions médicamenteuses. Pour les infections superficielles, les traitements topiques présentent des taux d’échec et de récidive élevés.

Cette étude publiée en 2016 examine l’utilisation de la lumière bleue comme approche antimicrobienne alternative pour inactiver C. albicans in vitro et dans des modèles animaux d’infection.

Principe de l’Inactivation par Lumière Bleue

La lumière bleue (longueur d’onde 400-470 nanomètres) possède des propriétés antimicrobiennes intrinsèques. Ce mécanisme repose sur l’absorption de la lumière bleue par des chromophores endogènes présents naturellement dans les cellules fongiques, principalement les porphyrines.

Lorsque ces porphyrines absorbent la lumière bleue, elles passent à un état excité et transfèrent cette énergie à l’oxygène moléculaire environnant, générant des espèces réactives de l’oxygène (ROS) : oxygène singulet, radicaux hydroxyles, peroxyde d’hydrogène et anion superoxyde. Ces molécules hautement réactives oxydent les composants cellulaires fongiques (membranes lipidiques, protéines, acides nucléiques), causant des dommages irréversibles conduisant à la mort cellulaire.

Un avantage majeur de cette approche est que les champignons ne peuvent pas développer de résistance contre le stress oxydatif, contrairement aux antifongiques conventionnels qui ciblent des voies métaboliques spécifiques contre lesquelles des mutations de résistance peuvent émerger.

Méthodologie

Études In Vitro

Les chercheurs ont testé l’efficacité de la lumière bleue (415 nanomètres) contre C. albicans en suspension à différentes densités cellulaires, exposées à diverses doses lumineuses. La viabilité fongique a été évaluée par comptage des unités formant colonies. Des expériences ont également examiné l’effet sur les biofilms de Candida, structures multicellulaires complexes où les cellules fongiques sont enrobées dans une matrice protectrice, notoirement résistantes aux antifongiques.

L’analyse spectrofluorimétrique a quantifié le contenu en porphyrines de C. albicans avant et après irradiation. 

Modèles Murins d’Infection

Candidose cutanée : Des souris immunosupprimées ont reçu une injection intradermique de C. albicans dans le dos. Après 24 heures, les lésions ont été traitées par irradiation avec de la lumière bleue à différentes doses. Des groupes contrôles incluaient des souris infectées non traitées et des souris traitées avec du fluconazole topique.

Candidose buccale : Des souris immunosupprimées ont été infectées par application topique de C. albicans sur la langue après scarification légère. Après établissement de l’infection, les souris ont été traitées par irradiation buccale.

L’évolution clinique a été évaluée par photographie et mesure de la taille des lésions. La charge fongique a été quantifiée par excision des tissus, homogénéisation, et comptage des UFC. L’histologie a évalué les dommages tissulaires.

Évaluation de la Sécurité

Des souris non infectées ont été exposées à des doses lumineuses identiques ou supérieures à celles thérapeutiques. L’évaluation incluait l’examen clinique, l’histologie, et les analyses biochimiques sanguines (fonction hépatique, fonction rénale, marqueurs inflammatoires).

Résultats In Vitro

Inactivation de C. albicans

La lumière bleue a produit une inactivation dose-dépendante de C. albicans. À faible densité cellulaire, une dose de 108 J/cm² a produit une réduction de plus de 99,99% de la viabilité fongique. À des densités plus élevées, des doses supérieures étaient nécessaires.

Les biofilms de Candida ont montré une résistance accrue mais sont restés sensibles à des doses plus élevées. Une dose de 180 J/cm² a produit une réduction substantielle de la viabilité des biofilms. 

Mécanisme Photochimique

L’analyse a confirmé que C. albicans contient des porphyrines endogènes qui absorbent efficacement la lumière bleue. Après irradiation, les niveaux de porphyrines détectables diminuaient, suggérant leur photodégradation et leur implication dans la génération de ROS.

Les expériences avec des piégeurs de ROS ont révélé que l’oxygène singulet constitue l’espèce réactive primaire responsable de l’effet antifongique, avec des contributions secondaires des radicaux hydroxyles et du peroxyde d’hydrogène.

Résultats In Vivo : Candidose Cutanée

Évolution Clinique

Les souris infectées non traitées ont développé des lésions cutanées étendues caractérisées par un érythème marqué, un œdème, une nécrose tissulaire, et la formation de croûtes. Les souris traitées par lumière bleue ont montré une amélioration clinique significative : lésions plus petites, érythème et œdème réduits, et guérison tissulaire accélérée. L’amélioration était comparable, et dans certains cas supérieure, à celle observée avec le fluconazole topique.

Réduction de la Charge Fongique

La quantification a confirmé l’efficacité in vivo. Les tissus traités par lumière bleue montraient une réduction substantielle de la charge fongique par rapport aux contrôles. La réduction était dose-dépendante. Notamment, la lumière bleue était efficace même contre des isolats cliniques résistants au fluconazole.

Préservation Tissulaire

L’histologie a révélé que les tissus traités présentaient moins de destruction tissulaire, moins d’infiltration inflammatoire, et une meilleure préservation de l’architecture cutanée. La lumière bleue semblait également moduler la réponse inflammatoire, réduisant l’inflammation excessive.

Résultats In Vivo : Candidose Buccale

Dans le modèle de candidose buccale, la lumière bleue a démontré une efficacité antifongique. Les souris traitées montraient une réduction significative de la charge fongique sur la langue. L’amélioration clinique était visible par la réduction des lésions blanches caractéristiques et la restauration de l’apparence normale de la muqueuse. La muqueuse buccale a bien toléré l’irradiation sans signes de toxicité.

Évaluation de la Sécurité

Les souris non infectées exposées à la lumière bleue n’ont montré aucun signe de toxicité systémique. Les paramètres biochimiques sanguins sont restés normaux. L’histologie de la peau exposée a montré une architecture normale sans signes de nécrose ou d’inflammation excessive.

Cette sélectivité s’explique par des concentrations plus élevées de porphyrines dans C. albicans que dans les cellules de mammifères, et par des mécanismes de défense antioxydante moins développés chez les cellules fongiques.

Mécanismes d’Action

Le mécanisme antifongique implique la génération de ROS via l’excitation photochimique de porphyrines endogènes. Les ROS générés attaquent simultanément multiples cibles : peroxydation lipidique endommageant les membranes, oxydation des protéines inactivant les enzymes, et dommages à l’ADN causant des mutations létales. Cette nature multi-cibles explique pourquoi les champignons ne peuvent pas développer de résistance.

Applications Cliniques Potentielles

Candidose Orale

Particulièrement fréquente chez les patients immunodéprimés, les personnes âgées, et les porteurs de prothèses dentaires. La lumière bleue pourrait offrir une option thérapeutique topique non pharmacologique, utile pour les infections récidivantes ou résistantes.

Candidose Cutanée

Les infections cutanées (intertrigo, infections des plis, candidose des ongles) pourraient être traitées par application directe. L’approche serait pertinente pour les patients diabétiques à risque accru.

Candidose Vulvo-Vaginale

Affectant environ 75% des femmes au moins une fois, avec 5-8% développant une forme récidivante. La lumière bleue pourrait représenter une alternative pour les infections récurrentes.

Prévention sur Dispositifs Médicaux

Les biofilms de Candida sur les dispositifs médicaux (cathéters, prothèses, implants) sont une source majeure d’infections nosocomiales. L’irradiation périodique pourrait prévenir ces biofilms.

Avantages et Limitations

Avantages

Pas de résistance développable : Le mécanisme basé sur le stress oxydatif empêche l’émergence de résistance.

Efficacité contre souches résistantes : Efficace même contre les isolats résistants aux azolés.

Non invasif : Application externe simple pour les infections superficielles.

Sélectivité : Toxicité pour Candida sans dommages aux tissus de l’hôte.

Absence de toxicité systémique : Pas d’effets secondaires systémiques.

Limitations

Pénétration limitée : Efficace uniquement pour les infections superficielles accessibles à la lumière.

Temps d’exposition : Des séances relativement longues peuvent être nécessaires.

Efficacité réduite sur biofilms épais : Les biofilms matures nécessitent des doses plus élevées.

Équipement spécialisé : Nécessite des sources lumineuses calibrées.

Conclusion

Cette étude démontre que la lumière bleue possède une activité antifongique significative contre Candida albicans in vitro et in vivo. L’efficacité a été documentée dans des modèles murins de candidose cutanée et buccale, avec réduction de la charge fongique, amélioration clinique, et absence de toxicité.

Le mécanisme implique la génération d’espèces réactives de l’oxygène via l’excitation de porphyrines endogènes. L’approche est efficace contre les souches sensibles et résistantes aux antifongiques, sans possibilité de développement de résistance.

Ces résultats positionnent la thérapie par lumière bleue comme une option thérapeutique prometteuse pour les infections superficielles à Candida, particulièrement pertinente dans le contexte de résistances antifongiques croissantes. Des essais cliniques sont justifiés pour traduire ces résultats précliniques en applications thérapeutiques pratiques.

Référence :

Dai T, Fuchs BB, Coleman JJ, et al. Antimicrobial blue light inactivation of Candida albicans: In vitro and in vivo studies. Virulence. 2016;7(5):536-545.

Université Harvard photobiomodulation vielight

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